Dire que dans le Sahara occidental il n'y a rien, ce n'est pas tout à fait vrai ! Il y a des chèvres. Et le pare-choc du Ducato en sait quelque chose. Endormie à l'arrière du véhicule, couchée sur la banquette, je me suis réveillée en sursaut, complètement sonnée, allongée sur le sol, entre glacière et sièges. Quelques bleus apparaîtront pour agrémenter mon frèle bronzage. Les raisons ce cet échauffement de pneu : une chèvre a voulu traverser la route au moment où nous passions à 110 km/h. L'animal a été projeté. Arrêtés plusieurs dizaines de mètres plus loin, nous sortons constater les dégâts. Minimes. Ouf. La chèvre ? Disparue à l'horizon. Le temps de nous remettre de nos émotions, nous sommes accostés par un militaire et son ami en voiture banalisée.
-
Que se passe-t-il ?
-
Nous avons percuté une chèvre !
-
Il faut attendre le berger et la luirembourses.
-
Sauf qu'il n'y a pas de berger à l'horizon, et nous ne pouvons pas attendre 3 jours !
-
Non, 15 minutes suffisent, après vous partez.
-
Ok, ca fait 15 minutes qu'on est là alors on s'en va.
-
Attendez, il faut payer la chèvre. Moi je donnerai l'argent au berger....
Mais bien sûr, nous te croyons sur parole ! Fort d'avoir gagné une chèvre, ils n'allaient pas en plus se faire quelques milliers d'ouguiyas en plus ! Sur ce, arrive un homme que nous avions croisé déjà précédemment. Il hurle sur les deux compères qui nous ont accosté et nous demande de monter dans la voiture et de partir au plus vite. Il nous rejoint au prochain poste de contrôle. Sagement, nous obéissons.
Au poste de contrôle, nous faisons savoir, avec l'aide de notre hommes, nos déboires. Le gendarme nous dit de simplement aller à la gendarmerie d'Atar et de signaler l'incident. Point barre. Rassurés, nous quittons les lieux pour arriver à Atar, 250 km plus loin, en pleine nuit.
Il faut réveiller les gendarmes. Nous leur expliquons notre situation.
-
C'est simple, il faut retourner sur place et faire un constat.
-
Un constat, pour une chèvre qui est sûrement déjà dans une casserole quelque part ?
-
Oui...
-
Mais c'était il y a 250 km, on va pas se faire 500 km aller-retour pour constater que la chèvre a disparu !
-
Alors il faut payer la chèvre.
-
Ok, c'est combien ?
-
Ca dépend de la taille de la chèvre !
-
C'était une toute petite chèvre. Ca vaut combien ?
-
Ca vaut ce que vous voulez donner !
-
Ok. 1000 ouguiyas.
-
Non, c'est pas assez.
-
Combien, alors, nous, nous ne connaissons pas les prix.
-
Ca dépend, je vous dis !
-
Bon, nous, ce qu'on veut, c'est partir, alors on vous donne 5000 ouguiyas, vous payez la chèvre au berger que vous ne connaissez pas, avec le reste vous buvez un thé et nous on va se coucher, comme cela, tout le monde est content.
-
Non, c'est pas possible, 5000 c'est trop !
-
Combien alors ?
-
Je ne sais pas, nous, nous n'avons pas vu la chèvre. Vous oui !
-
Mais nous, nous ne connaissons pas les prix !
-
Alors demain, vous allez au marché, vous regardez une chèvre qui a à peu près la taille de celle que vous avez écrasée, vous demandez le prix au marchand et vous revenez nous payer.
-
Mais nous n'avons pas le temps de faire cela ! Ecoutez, prenez les 5000 et tous seront contents !
-
D'accord.
-
Pouvons-nous avoir un reçu comme quoi nous avons payer la somme, en cas de besoin justificatif quand le berger viednra réclamer son dû ?
-
Ecoutez, non, vous retournez sur place et vous faites un constat.
-
Pas possible.
-
Alors vous achetez une chèvre et vous la donnez au berger.
-
Pas possible non plus, d'ailleurs nous n'avons pas vu de berger !
-
Bon alors vous payez.
-
Ok. Et on peut récupérer nos papiers ?
L'histoire se sera achevée ainsi, une heure trente plus tard.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander